Championnat Canadien 2003 - Raid the North Mattawa
(Par Alain
Beaudry)
Mattawa, septembre 2003. Le championnat canadien Raid the
North. Nous y voilà, avec la même
équipe qui a gagné à Stoneham. Des semaines (mois?,
années?) de préparation, d’entraînement, de planification du
moindre détail. LA course
annuelle qui réunit les meilleures équipes au pays. Deux jours et demi de course
intense en continu, jour et nuit.
$15 000 de bourse en jeu et une qualification pour la
course de championnat mondial 2004 pour les 5 premières
équipes.
Si vous ne connaissez pas encore notre formidable équipe,
je vous conseille fortement de passer d'abord à la
chronique dédiée au profil
physique et psychologique de chacun de ses membres:

- Bon, et comment ça se passe une course? Tout le
monde pense que c’est la course qui est difficile! Ben
non, voyons donc, c’est tout ce qui se passe avant qui
est insupportable. Accrochage sur un dernier projet à la
job, nettoyage et polissage de tout l’équipement,
peaufinage de dernière minute sur l’entraînement,
gossage sur le vélo, picossage sur le système
d’éclairage, niaisage sur le choix des vêtements de
course (!!), déguédinage sur les 10 paires de chaussures
à apporter, matchage des bas et des gants.. . Bref, on
s’emmerde royalement et on est épuisés avant que ça
commence.
Pour empirer l’épreuve, on doit passer la journée
précédant la course à s’enregistrer, démontrer nos
habiletés sur une corde, faire tester nos vélos par un
gars qui risque de tout désajuster, vérifier
l’équipement obligatoire, en plus de tout le re-gossage
de vider 5 fois son bac de course et le re-remplir
jusqu’à ce que tout soit exactement à sa place et
parfaitement organisé, c’est à dire précisément comme
lorsqu’on l’avait rempli la première fois.

Ensuite il y a le race briefing vers 18hrs. Ca c’est un
genre de réunion où toutes les équipes se rencontrent
avec les organisateurs; il y a toujours des dignitaires
de la ville hôte qui viennent parler longuement pour
nous raconter l’histoire de la ville pis ça finit
immanquablement avec des histoires de canots d’écorce
pis une couple d’indiens full cools avec des plumes
multicolores. Super! Ensuite on passe aux choses
sérieuses, on veut les instructions de course et les
cartes topos. Sauf que cette fois-ci, les cartes ne sont
pas encore arrivées. Va falloir revenir à minuit. Minuit??
Ahhhh!!!!!!!!! Que c’est l’fun. Ca adonne bien,
justement à minuit, on n’avait rien à faire. Dormir? Ah
oui c’est vrai!! On a une course demain.
Fait que, on revient à minuit pis on travaille sur les
cartes jusqu’à 3-4 heures du matin. On repère les
coordonnées des points de contrôle à rallier, on essaie
d’estimer la route idéale pour s’y rendre, on évalue les
distances, les estimés de temps et on écrit tout ce
qu’on peut sur la carte. Ensuite on découpe les bouts de
cartes qui ne serviront pas. Comme le parcours régulier
par exemple!! Surpris par l’organisateur de la course à
se débarrasser de cette section inutile de carte, notre
valeureux capitaine Benoît lui a fait
une des ces faces dont il a le secret (!!) avec
quelque chose dans le genre de « … ouain! Pis? C’est-y
grave?… » Je vous dis moi, son sens de l’humour est
vraiment incompris!!!
Bon, une fois que c’est fini, on se recouche en espérant
dormir un peu avant de se lever à 5hrs pour conduire
jusqu’au départ de la course. 2 heures de route, tout
croches dans la van, empilés par dessus les bins, les
vélos, les pagaies, les cans de Gatorade,… Non mais,
pourquoi est-ce qu’on fait cela? La course va-t-elle
commencer enfin? 
Arrivés au site du départ,
on se choisit nos canots et on rush jusqu’à ligne de
départ. On se mouille les pieds en passant, pourquoi
attendre, c’est toujours comme cela, dans toute bonne
conception de parcours de course aventure qui se
respecte, il y a un endroit à moins de 5 minutes du
départ où tous se mouilleront les pieds. Avec un départ
en canot, c’est pas trop difficile. Anyway, inutile de
préciser que ces pieds là ne seront plus jamais secs
pour les 45 prochaines heures. Il paraît qu’il y a du
monde qui aime ça avoir les pieds secs… Fut un temps
lointain où nous fussions comme cela aussi… Bon ça
commences-tu cette course là???!! Il y a un peu
d'anxiété dans l'air. Tant d'incertitudes. Performance
physique et mentale, équipement, navigation, stratégie,
décisions, symbiose d'équipe?
Alignés pour le départ sur le lac Témagami,
je regarde les équipes autour de nous. Il y a les
favoris, Spirit, Taiga, Running Free, Wild Rose, ainsi
que les autres qui pourraient se faufiler, Jimmy's Night
Out, Star Choice, ...Finalement, tous ont l’air bien
bons. Toutes des équipes expérimentées et aguerries. Et
nous, on a l’air finfins avec nos dossards jaunes, c’est
comme avoir une maudite grosse pancarte dans le dos avec
« suivez-nous » écrit dessus en gros. On va être faciles
à spotter!! Au canot, on sait que Spirit et Taiga sont
réputés très rapides. On espère terminer pas trop loin
derrière.
- 8 heures du matin.
Le départ de la course est donné. On se chamaille un
peu en partant, on se dégage de la foule et nous voilà
partis, encore un petit 52 heures au maximum. Wow c’est
encourageant cela. Mais on n’y pense pas. Après quelques
minutes, nous sommes déjà à l’avant du peloton qui
s’apprête à se séparer en 2 groupes dépendamment de la
stratégie. Un chemin avec 2 portages ou celui 1-2 km
plus long avec 1 seul court portage. 3 heures plus tard,
les 2 chemins se rejoignent à nouveau. Nous sommes à
environ 5 minutes derrière Taiga et GearsRacing, tout
juste devant Jimmy’s Night Out. Non mais, on dira ce
qu'on voudra, il pleut, il vente, mais c'est donc
agréable de faire du canot entre amis et tout est si
beau autour! On gruge tranquillement l'avance des autres.
Les équipes en avant grossissent graduellement dans
notre mire au moment d’aborder les premiers de 6
portages rapprochés. Nous comptons bien en profiter pour
les rattraper, notre stratégie de portage est assez
simple et efficace : pas de niaisage, on court avec les
canots pendant qu’un éclaireur cherche la sortie du
portage. La stratégie porte fruit. Au détour d’un
portage, on passe en avant. Sans jamais avoir vu les 2
autres équipes! Ils en sont aussi surpris que nous.
Benoît L., dans une de ses boutades habituelles nous
lance « …savez-vous que c’est peut-être la dernière fois
qu’on les voit?… » On rit, autant parce que cela nous
semble bien improbable que parce que la perspective que
cela se réalise nous réjouit un peu… Je vous avais bien
dit, quel sens de l’humour ce Benoît, et quel incompris…
Il y a encore 2 équipes sur nos talons lorsque le vent
de face à 30-40 km/h et les vagues deviennent
soudainement violents. La traînée d'Isabel qui nous
passe dessus. L'eau entre dans le canot à chaque vague
et la progression ralentit considérablement. Nous
changeons fréquemment notre configuration de pagayeurs,
un luxe que peu d'équipes peuvent se payer, ce qui nous
permet de consolider définitivement notre avance en tête
sans trop taxer l'équipe.

Accueillis en première place avec joie et un peu de
surprise au premier point de contrôle par Tanya, Véro et
Dave notre chaleureuse équipe de support, notre avance
est d’à peine 3 minutes pour 43 km et 6hr09 d’efforts
intenses. Nous procédons à la transition la plus rapide
de toutes les équipes -19 minutes – tout juste le temps
de changer vêtements et chaussures et refaire le plein
d’eau et de bouffe. À noter que, sur toute la course,
nous gagnerons plus de 25 minutes sur GearsRacing et 43
minutes sur Taiga, sur les transitions seulement. Tout à
l’honneur de notre équipe de support avec Tanya en tête,
rapide, organisée et efficace, la meilleure!!!!

Nous poursuivons avec 85 km de vélo de montagne entre
sentiers et dédales de routes forestières n’apparaissant
pas sur les cartes. La "balade" s'avère fort plaisante
et on dira ce qu'on voudra, c'est donc agréable de faire
du vélo, surtout après tout ce canot! Grâce à la
navigation parfaite de Benoît, nous évitons mille et un
pièges et émergeons 7h30 plus tard à 22h13 à la
2e transition, toujours en tête. Nous repartons 34
minutes plus tard, une longue transition pour nous, et
nous croisons GearsRacing qui arrive tout juste, il
s'agit pourtant d'une équipe de spécialistes de vélo de
montagne, nous leur avons quand même pris près de 30
minutes.
La prochaine section couvre plus de 30 km à pied, en
pleine nuit, dont une bonne partie en bushwack,
définitivement une épreuve où nous excellons. Cela
pourrait nous prendre de 10 à 15 heures et nous comptons
bien en profiter pour augmenter notre avance. La nuit
est douce, il a enfin arrêté de pleuvoir mais cela ne
change rien puisque la végétation est détrempée. On dira
ce qu'on voudra, c'est donc agréable de marcher dans la
forêt, surtout après tout ce vélo. La nuit, c'est
toujours spécial et c'est à ce moment qu'on sent et
qu'on apprécie le support de ses coéquipiers: Benoît L.
par sa concentration sans faille, Benoît par ses
attentions et sa bonne humeur et Melissa par sa
détermination. Encore une navigation absolument parfaite
de Benoît et nous émergeons 10 heures plus tard à 9hrs
le matin au seuil de la section avancée, sans savoir que
notre avance est maintenant de plus de 100 minutes après
25 heures de course. Notre rythme de course est
infernal, on ne le sait pas, mais les autres équipes
nous le confirmeront plus tard...
Après une transition rapide, 20 km de vélo sans histoire
pour nous amener à la section avancée. On dira ce qu'on
voudra, mais un peu de vélo, c'est vraiment très
agréable. Ensuite, on poursuit avec 25 km de trek, dont
la moitié en bushwack. On dira ce qu'on voudra, mais ça
fait beaucoup de marche sur les pieds. À n’en pas douter,
l’étape déterminante de la course.

Et là, une première hésitation : Après plus d’une heure
de marche en forêt, au milieu de nulle part, Benoît
s’arrête et contemple la carte. Bon, rien d'anormal,
sinon que les circuits électriques semblent soudainement
fonctionner au ralenti? Quand soudain à notre grand
désarroi, il s’assied et réfléchit. Jamais vu ça!! Hmm!
Il concède enfin qu’on n’est pas là où on devrait être.
Panique? Ben non! Récupération rapide, on va rouler
franc sud et on retrouvera bien notre chemin par une
lecture attentive du terrain. Résultat? Le meilleur
temps sur ce parcours. Quel as!
Notre arrivée au CP 7b est certainement la plus
bucolique de toutes (on aime bien ce qualificatif!!) :
Le ciel est magnifique, les arbres commencent à
rougeoyer et nous marchons dans les eaux fraîches d'un
mignon petit ruisseau pour éviter la dense forêt. Au
croisement d’un autre ruisseau, nous percevons le
crépitement d’un feu et, oh mirage?, les gloussements de
2 jeunes filles absolument charmantes et trépignant de
joie de voir enfin un équipe. La joie est réciproque et
cela nous vaudra bien un arrêt exceptionnel et superflu
de 3 minutes qui sera finalement le seul moment de
relâche de toute notre course…
Il est à noter que les volontaires qui s'occupent des
points de contrôle ont un rôle bien ingrat. Ils sont
acheminés à leur site parfois 10 heures avant le temps
et doivent attendre les équipes en endurant les
moustiques et les intempéries. Si certains sont en
agréable compagnie, comme ce chanceux du CP5 que nous
envions ou les lesbiennes du CP6 (!!), d'autres doivent
trouver le temps bien long. Surtout que lorsqu'on on
arrive, on pue et on ne s'y attarde pas longtemps. Même
situation pour les équipes de support. Ils prennent des
heures à se rendre d'un point à l'autre, à monter un
camp absolument impeccable, à l'abri, où tout notre
équipement est organisé à sa place, à côté de notre
petite chaise. Des fruits, des soupes et repas chauds
nous attendent en permanence. Et nous on arrive, on est
mouillés, on est sales, on a mille et une demandes,
on vire tout à l'envers et on ne s'attarde que de 15
à 30 minutes! Et ensuite, tout est à recommencer!
La section suivante apparaît assez facile. Il faut
retrouver une piste de 4 roues, non indiquée sur la
carte (elle date de 20 ans!), allant généralement en
direction sud-est, parmi des dizaines de chemins
possibles! Comble de malheur, on croise un zéro sur son
4 roues qui connaît rien aux cartes et qui nous rend
résolument confus. Fatigue aidant, nous errons comme des
âmes en peine avant de finalement nous engager sur le
sentier qui s’avèrera le bon. De toute évidence, bien
que nous ne ressentions pas encore la fatigue physique,
mentalement, l’épuisement commence à transparaître.
Après 33 heures de course effrénée,
nous émergeons de la section avancée toujours en
première place mais avec une avance que nous croyons
très précaire alors qu'elle est en fait de plus de 2h30!
Notre progression vers le zip line s'avèrera un peu
laborieuse. Des informations nous laissant croire que
l’équipe Jimmy’s Night Out est à moins de 30 minutes
derrière nous affecte sérieusement notre moral. Nous
ignorons alors que cette équipe a suivi le parcours
régulier (7 heures de moins de parcours) et n’est donc
pas une menace. Mentalement, c'est un coup dur. Nous
manquons d’eau depuis un temps, notre chemin nous semble
désespérément inefficace, tout porte à croire que notre
avance s’amenuise constamment, il faut constamment
ramener le focus de tous et continuer à pousser la
machine. Sans aucun doute le moment le plus difficile de
notre course. Après avoir mené toute la course, il est
pénible d’imaginer les équipes revenir sur nous et on
s'imagine les pires scénarios. La nuit, le manque de
sommeil et la tension de la course nous jouent des
tours.
Quand nous repérons finalement le site du zip line dans
la nuit, c'est un grand soulagement, nous sommes
toujours en tête, les scènes de cauchemar sont oubliées.
Nous apprendrons plus tard que cette étape a été un
véritable calvaire pour la plupart des équipes.
Le zip lui-même est assez amusant. On s'attache à la
corde et du haut de la falaise qu'on imagine très très
haute puisqu'on n'y voit rien,
on se lance dans le noir et le vide. Au son des
rapides de la rivière au fond du ravin, on sent la
longue corde s'étirer sous notre poids avant de
finalement prendre de la vitesse longitudinale et
traverser une centaine de mètres plus bas de l'autre
côté du canyon qu'il faudra de toutes façons ré-escalader
pour ensuite aller rejoindre le prochain point de
contrôle. Non mais, on dira ce qu'on voudra, ça fait du
bien d'être suspendus en l'air quelques instants après
toute cette marche. Ce moment de détente (!) nous
permettra cependant de reprendre nos esprits. Le chemin
du zip line à la 5e transition est un peu difficile, en
pleine nuit, le canyon est très escarpé, nous sommes
fatigués, ce n'est pas le temps de faire une erreur de
jugement, prudence oblige.
Arrivés au TA5, nous nous arrêtons à peine 19 minutes,
une autre transition sans niaisage! Il est 22hrs samedi
soir, nous courons à fond sans arrêt depuis 38 heures.
Il ne nous reste que 2 étapes, une vingtaine de
kilomètres de vélo qui s’annonce assez facile et une
douzaine de kilomètres en canot jusqu’au fil d’arrivée.
Non, mais, on dira ce qu'on voudra, ça va faire du bien
de faire un peu de vélo. Mais nous ne sommes pas au bout
de nos peines. Ce serait sous-estimer les concepteurs du
Raid The North.
Une erreur d’aiguillage nous amène sur le mauvais
embranchement du chemin forestier à suivre. Celui-ci
semble bien aller dans la direction sud tel qu’indiqué
sur les instructions. On s’attend à trouver un sentier
de vélo de montagne à exactement 4 km de la zone de
transition et cela se confirme, le sentier part aussi en
direction sud-est tel qu’attendu. Sauf qu'après quelques
kilomètres un peu pénibles, les sentier devient
totalement impraticable. Hmm, comment est-ce possible?
Erreur des organisateurs? Et pire, un dérailleur qui
brise à un bien mauvais moment. Réparation en 2 temps et
retour au début du sentier. Y aurait-il un autre
embranchement? Il y aurait un autre sentier? Dans la
nuit, difficile d'y voir clair! Introuvable. La seule
option possible: retour presque à la zone de transition,
essai d’un autre chemin forestier. Cette section nous a
déjà fait perdre presque 2 heures!! Malgré cela et
ignorant notre avance sur les autres équipes, nous
demeurons remarquablement calmes et confiants. Nous
trouvons enfin le sentier de vélo qui est en fait un
sentier de bouette et de glaise, creusé par des
véhicules 4 roues, on avance de peine et de misère en
forçant comme des bœufs. Nos lumières commencent à
éclairer pas mal moins, la glaise glissante occasionne
de nombreuses chutes. Mais Benoît G. arrive pourtant à
nous faire rire en grimpant comme une chèvre une côte
qui n'en finit plus dont la pente est absolument
hallucinante. Un mur!! Il est vraiment incroyable!! On
s'entraide et s'encourage, on va finir par sortir de là,
on se concentre sur notre course et on garde le focus.
L'arrivée à Mattawa est une délivrance à 50km/h avec des
lampes vacillantes.
Il est 2h30 lorsque
nous arrivons enfin à
l’embouchure des rivières Mattawa et Outaouais au
dernier
point de contrôle avant l'arrivée!
12 km à remonter la rivière jusqu'au centre écologique
canadien et nous y serons!! On embarque dans les canots
légers et sereins, sauf pour Benoît L. qui décide plutôt
de s'y rouler, c'est un choix comme un autre... La
tension qui nous habite depuis le matin se dissipe
doucement à la faveur d’une nuit chaude et tranquille.
Nous sommes seuls au monde, la rivière est
merveilleusement calme et apaisante. On évite de
justesse les récifs et rochers qui émergent ci et là, on
rit de nos hallucinations et élucubrations nocturnes,
les conversations sans queue ni tête qui fusent d’un
canot à l’autre sont hilarantes, c’est la douce euphorie
d’une fin de course fantastique.
Est-ce qu'on commence à y croire??? Peut-être que c’est
vrai? Que ce qui semblait presque impossible est en
train de se réaliser? Ironiquement, je souhaiterais que
ce moment se prolonge encore un peu. Non mais, on dira
ce qu'on voudra, c'est quand même agréable de faire du
canot entre amis!! Après 2 heures de pagayage joyeux et
bruyant pour rester éveillés, quelques lumières se
pointent au loin et nous indiquent que la ligne
d’arrivée approche.
Un dernier portage, hey c’est fini!!??. Dimanche
matin 4h40. 45 heures sans arrêt. On apprend qu'il fera
jour lorsque la première des 4 autres équipes ayant
choisi le parcours avancé se pointera. Seules 2 autres
équipes du parcours régulier termineront la course.
Difficile à croire!!
On a gagné!!!!
- Avant la course, j’avais écrit à mes amis ce que je
croyais être la recette du succès :
" …Et qu'est-ce qu'il faut faire pour gagner?
C'est pas bien compliqué!! Il faut tracer le parcours
idéal, partir en lions, rouler à la "full pin" tout le
long, ne jamais "bretter", ne pas se perdre, éviter de
se casser la gueule (ou celle de ses coéquipiers!),
éviter la déshydratation, éviter l'hypothermie, résister
au sommeil et aux "sleep monsters", prendre les bonnes
décisions malgré la fatigue, un peu d'humour quand les
conditions ci-haut mentionnées ne se concrétisent pas
tout à fait et surtout, il faut aimer tendrement (!)
chacun des coéquipiers (!!!) et leur vouer une confiance
absolue. Facile!!?!…”
Et une fois que c’est terminé, on réalise que c’est bien
vrai! Surtout pour l’amour et la confiance!! Quelle belle
équipe, dédiée, disciplinée, performante, amusante.
Bon bien là c’est fini. On a gagné. C’est vraiment fini!
Alors pourquoi est-ce que j’ai un petit down? Bien, c’est
parce que c’est fini! C’est comme si la traversée du fil
d’arrivée, qui signale la victoire ultime et tant attendue
tout comme la fin de l’effort signale aussi la fin d’une
belle aventure. La mise au repos d’une belle machine
contrôlant l’asservissement harmonieux et fluide de 4 corps
et 4 esprits, moteurs qui roulent à haut régime sans arrêt
depuis vendredi matin. Comme si la victoire reposait plus
dans le processus qui y mène que dans le résultat lui-même!
Comme si la joie n’était pas tant dans l’aboutissement que
dans la somme de tous ces efforts, dans l’énergie déployée,
dans la réalisation de toutes les petites victoires
accumulées ici et là, dans l'amitié, l'entraide et les rires...
Bref, dans la somme de ces petits moments d’éternité
partagés en équipe...
Alors là on a gagné. Mais c'est fini?!! Pas vraiment, parce
qu'en attendant, on bouffe du bonheur et on rêve à la
prochaine fois...
Merci très fort Benoît, Benoît, Melissa et Tanya, quelle
belle équipe!!
Alain
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